Les lectures du moment

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Re: Les lectures du moment

Message  rado le Mer 4 Aoû - 11:36

Jeffrey Eugenides- Middlesex

ou autrement, connu comme le livre qui était sur le chevet de Vicky dans Vicky Cristina Barcelona Very Happy

Un bouquin où on suit l'histoire d'un hermaphrodite né à la fin des années 60 à Detroit dans une famille d'immigrants grecs. Tout ceci accompagné de l'histoire de la famille elle-même, de la Grèce natale jusqu'aux US. Jeffrey Eugenides est l'auteur de The Virgin Suicides que j'ai lu il y a de ca 10 ans, donc plus de mémoires, mais il paraît que Middlesex lui a apporté The Pulitzer Prize alors ca peut pas être du tout mauvais Cool

rado

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Re: Les lectures du moment

Message  Risingboy le Mer 4 Aoû - 13:20

rado a écrit:Jeffrey Eugenides- Middlesex

ou autrement, connu comme le livre qui était sur le chevet de Vicky dans Vicky Cristina Barcelona Very Happy

Un bouquin où on suit l'histoire d'un hermaphrodite né à la fin des années 60 à Detroit dans une famille d'immigrants grecs. Tout ceci accompagné de l'histoire de la famille elle-même, de la Grèce natale jusqu'aux US. Jeffrey Eugenides est l'auteur de The Virgin Suicides que j'ai lu il y a de ca 10 ans, donc plus de mémoires, mais il paraît que Middlesex lui a apporté The Pulitzer Prize alors ca peut pas être du tout mauvais Cool


J'ai lu Virgin Suicides mais pas celui-là. Il avait eu de très bonnes critiques.

Ce soir j'aurais fini zeroville de Steve Erickson. Un drole de type fan de cinema déambule à LA (puis même Paris, cannes et l'espagne).
Au hasard des rencontres, se créee une intrigue sur le petit monde du cinéma. Ce qui est drole c'est le melange entre la fiction et la realité de la description du cinema (film, acteur, production, montage...) des 60,70,80.
On y croise par exemple De Niro dans une soirée un peu babacool avant qu'il ne tourne Taxi Driver.
C'est un très bon livre. Quelques passages un peu ennuyeux mais le tout reste très interessant.

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Re: Les lectures du moment

Message  rado le Dim 8 Aoû - 21:10

Risingboy a écrit:
rado a écrit:Jeffrey Eugenides- Middlesex

ou autrement, connu comme le livre qui était sur le chevet de Vicky dans Vicky Cristina Barcelona Very Happy

Un bouquin où on suit l'histoire d'un hermaphrodite né à la fin des années 60 à Detroit dans une famille d'immigrants grecs. Tout ceci accompagné de l'histoire de la famille elle-même, de la Grèce natale jusqu'aux US. Jeffrey Eugenides est l'auteur de The Virgin Suicides que j'ai lu il y a de ca 10 ans, donc plus de mémoires, mais il paraît que Middlesex lui a apporté The Pulitzer Prize alors ca peut pas être du tout mauvais Cool


J'ai lu Virgin Suicides mais pas celui-là. Il avait eu de très bonnes critiques.



Ouais et il est très bien écrit et assez rigolo. Comme j'ai déjà mentionné plus haut, il retrace aussi l'histoire familiale depuis le départ de la Grèce et en arrivant aux USA dans les années 20; la description par exemple de la visite des employés sociaux de chez Ford chez la famille grecque et la présentation des inventions "américaines" et leur usage telle la brosse à dents est assez comique et vaut bien le coup d'être lue...

rado

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Re: Les lectures du moment

Message  Em' le Dim 15 Aoû - 20:50

@ Rising: quelques poignees de journalistes ont lu le prochain Houellebecq en avant-premiere, et on peut lire notamment:

"La Carte et le Territoire ne décevra pas ceux qui ont été touchés par ses livres précédents. On y retrouve tout ce qui a fait son succès : la mise en pièces de notre société dans un jeu de massacre jubilatoire, les constats désolés sur les rapports humains, les considérations sociologiques avec références érudites à l'appui, les attaques violentes contre les journalistes et les médias, la célébration des grandes surfaces alimentaires, des relais autoroutiers et de certains objets de consommation. Sans oublier les jugements lapidaires sur l'art, l'amour, le désir, la sexualité, la prostitution, la technologie, l'alcool, la vieillesse, la déchéance physique."

miam miam!! vivement la sortie!

Em'

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Re: Les lectures du moment

Message  Risingboy le Lun 16 Aoû - 8:08

Em' a écrit:@ Rising: quelques poignees de journalistes ont lu le prochain Houellebecq en avant-premiere, et on peut lire notamment:

"La Carte et le Territoire ne décevra pas ceux qui ont été touchés par ses livres précédents. On y retrouve tout ce qui a fait son succès : la mise en pièces de notre société dans un jeu de massacre jubilatoire, les constats désolés sur les rapports humains, les considérations sociologiques avec références érudites à l'appui, les attaques violentes contre les journalistes et les médias, la célébration des grandes surfaces alimentaires, des relais autoroutiers et de certains objets de consommation. Sans oublier les jugements lapidaires sur l'art, l'amour, le désir, la sexualité, la prostitution, la technologie, l'alcool, la vieillesse, la déchéance physique."

miam miam!! vivement la sortie!


Il va faire pas mal de couve je pense. Ce qui serait extra c'est qu'il aille à on est pas couché face à son pire enemmi Eric Naulleau.
ou trouver une emission juste. Ni pour ni contre car generalement avec lui c'est toujours excessif dans un sens comme dans l'autre.
Michel sera certainement en couverture du numero de rentrée des inrocks et peut-être de Lire, de Tecknikart et du magasine litteraire.

Risingboy

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Re: Les lectures du moment

Message  Em' le Lun 16 Aoû - 8:24

Risingboy a écrit:
Em' a écrit:@ Rising: quelques poignees de journalistes ont lu le prochain Houellebecq en avant-premiere, et on peut lire notamment:

"La Carte et le Territoire ne décevra pas ceux qui ont été touchés par ses livres précédents. On y retrouve tout ce qui a fait son succès : la mise en pièces de notre société dans un jeu de massacre jubilatoire, les constats désolés sur les rapports humains, les considérations sociologiques avec références érudites à l'appui, les attaques violentes contre les journalistes et les médias, la célébration des grandes surfaces alimentaires, des relais autoroutiers et de certains objets de consommation. Sans oublier les jugements lapidaires sur l'art, l'amour, le désir, la sexualité, la prostitution, la technologie, l'alcool, la vieillesse, la déchéance physique."

miam miam!! vivement la sortie!


Il va faire pas mal de couve je pense. Ce qui serait extra c'est qu'il aille à on est pas couché face à son pire enemmi Eric Naulleau.

j'aurais peur qu'il y ait des morts! LOL il dit ne pas aimer l'exercice de la promo donc ça m'étonnerait
il va faire des émissions faciles pour les invités, branchouilles et lèche-c.. comme le Grand Journal


ou trouver une emission juste. Ni pour ni contre car generalement avec lui c'est toujours excessif dans un sens comme dans l'autre.
Michel sera certainement en couverture du numero de rentrée des inrocks et peut-être de Lire, de Tecknikart et du magasine litteraire.


c'est certainement mérité mais une fois encore, comme pour la sortie de la possibilité d'une île, lui et quelques autres auteurs auront toute la place médiatique alors que sortiront, aux dires de l'article que je reprends, pas moins de 700 bouquins à cette rentrée littéraire...

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Re: Les lectures du moment

Message  Risingboy le Mar 17 Aoû - 12:37

Pas simple de parler de tout le monde.
Dans le n° des inrocks de rentrée litteraire ils en crachent une bonne cinquantaine generalement.
Si non il y a internet...
J'ai déjà quelques idées sur ce que je vais lire.

Risingboy

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Re: Les lectures du moment

Message  Em' le Mar 17 Aoû - 13:21

Risingboy a écrit:Pas simple de parler de tout le monde.
Dans le n° des inrocks de rentrée litteraire ils en crachent une bonne cinquantaine generalement.
Si non il y a internet...
J'ai déjà quelques idées sur ce que je vais lire.


tiens y'a le prochain Virginie Despente qui a l'air bien, j'ai jamais été attirée par ce qu'elle fait mais là le thème de son prochain bouquin me botte bien:

"La sulfureuse romancière de Baise-moi raconte une histoire folle, menée tambour battant, autour de la disparition d’une adolescente. Tenant aussi bien de l’enquête policière (menée par deux tonitruantes détectives privées) que du «road novel», Apocalypse bébé donne également à l’auteur l’occasion de dire tout le mal qu’elle pense de notre monde."

contrairement à toi je ferai des choix car je lis vraiment peu pendant l'année scolaire, y'a que pendant l'été que je m'y consacre vraiment,
là je vais attaquer "des bleus à l'âme" de SAgan , ensuite place au Houellebecq, après on verra....

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Re: Les lectures du moment

Message  Risingboy le Mer 18 Aoû - 7:38

Sachant que j'ai encore le projet Lazarus (j'ai oublié le nom de l'auteur) et LA Story de James Fray à lire, ça va pas être simple
je suis bien tenté par Despentes. T'as déjà lu Nothomb ? Moi non mais le "pitch" de celui qui va sortir semble pas mal.

Dernièrement j'ai bien accroché sur Benjamin Percy et son recueil de nouvelles "sous la banière etoilée".
Une bande de jeune vivent tant bien que mal l'absence de leur père parti faire la guerre,
Un couple en crise, vivant dans une maison construite plus ou moins dans une grotte, se fait "attaquer" par des chauve-souris,
Une chasse à l'ours,
Un père qui s'occupe de son petit-fils pendant que sa fille (la mère de l'enfant) se fait cogner par son mari
Bref, des histoires parlant de la mort, de la famille, de l'amitié, des bêtes...

Actuellement je lis "les quais de Chicago" de Stuart Dybek un auteur de Chicago. Là encore, plusieurs histoires ayant pour point commun la ville de Chicago. plus urbain que le livre de Percy

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Re: Les lectures du moment

Message  Em' le Mer 18 Aoû - 10:44

Risingboy a écrit:Sachant que j'ai encore le projet Lazarus (j'ai oublié le nom de l'auteur) et LA Story de James Fray à lire, ça va pas être simple
je suis bien tenté par Despentes. T'as déjà lu Nothomb ?

oui j'ai lu "stupeur et tremblement" qui est vraiment génial, et un autre chiant par contre dans lequel elle raconte pas mal son enfance, je ne sais plus le titre
elle dit qu'elle écrit 4 bouquins par an environ et qu'elle en donne un à publier, bref nothomb c'est la machine bien rodée, et moi quelque part c'est le truc que je trouve pas attirant, tu sais qu'à chaque rentrée y'aura un amélie nothomb, alors qu'un mec comme houellebecq se fait désirer, je pense que c'est mieux pour donner envie de lire,
cela dit le pitch de ce nouveau roman donne envie c'est vrai

Moi non mais le "pitch" de celui qui va sortir semble pas mal.

Dernièrement j'ai bien accroché sur Benjamin Percy et son recueil de nouvelles "sous la banière etoilée".
Une bande de jeune vivent tant bien que mal l'absence de leur père parti faire la guerre,
Un couple en crise, vivant dans une maison construite plus ou moins dans une grotte, se fait "attaquer" par des chauve-souris,
Une chasse à l'ours,
Un père qui s'occupe de son petit-fils pendant que sa fille (la mère de l'enfant) se fait cogner par son mari
Bref, des histoires parlant de la mort, de la famille, de l'amitié, des bêtes...

Actuellement je lis "les quais de Chicago" de Stuart Dybek un auteur de Chicago. Là encore, plusieurs histoires ayant pour point commun la ville de Chicago. plus urbain que le livre de Percy

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Re: Les lectures du moment

Message  kissability le Jeu 19 Aoû - 20:48

merde...
je vais retourner à ma lecture d'auto-journal tongue


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Re: Les lectures du moment

Message  ramoldane le Ven 20 Aoû - 12:44

"L'horizon" Modiano

Toujours aussi élégant, discret, silencieux, errant dans sa ville de Paris et sa mémoire en compagnie d'affreux parents et d'une mysterieuse berlinoise... I love you

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Re: Les lectures du moment

Message  Em' le Ven 20 Aoû - 15:36

Rising je ne peux que te recommander vivement la lecture d'un Sagan puisque tu y songes, "bonjour tristesse" (écrit à 18 ans) ou "des bleus à l'âme" (écrit dans sa trentaine) que je termine bientôt, franchement une grande oeuvre, on se délecte de son style !!!

Em'

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Re: Les lectures du moment

Message  Azbinebrozer le Lun 23 Aoû - 17:36

Voilà j'ai lu aussi le « Invisible » de Auster que j'ai bien aimé. Enfin vraiment à partir des 2/3 où le doute s'installe bien... Je suis d'ailleurs particulièrement intéressé par vos avis sur l'interprétation finale du livre. Il me semble que le livre s'achève sur un doute intégral ou au moins partiel (doute sur l'authenticité de la fin de la partie 1 ou sur l'étonnante partie 2 ou sur les 2. Et vous comment avez-vous vu ça ?

Petite digression Austerienne plutôt pour des courageux Wink et qui ont fini le livre ? Qui l'a lu Em' ? Et puis ?
J'ai toujours eu de l'affection pour Auster, et j'en profite puisqu'on en parle, aussi je dois dire pour Modiano que j'associe dans mon petit théâtre intérieur... Ces 2 auteurs de la même génération, juste au sortir de la guerre, incarne pour moi une certaine fragilité qui les rend attendrissant. Le point commun ? La quête de l'identité. Chez Auster je lis l'identité comme sujette à dépossession de soi, à dilution, chez Modiano l'identité est incapable de retrouver unité, elle s'évanouit comme dans un puzzle de la mémoire. Les protagonistes de ces 2 auteurs, inconsistants devront alors affronter des dangers. Alors pour moi ces 2 auteurs sont comme des enfants à la recherche d'un père qui n'est plus là et qui les place à merci de forces inquiétantes. Ce père disparu pour être explicite ce serait l'humanisme classique, cet appui moral (qu'il est souvent bon de bousculer jeune avant de l'épouser petit à petit) qui au sortir de la guerre est totalement décrédibilisé. Auster est classé « auteur post-moderne » mais est resté assez vivant pour ne pas avoir sombré dans la suspicion généralisée du nouveau roman (auteurs, personnages et lecteurs, tous suspects de ne pas se reconnaître... voir Nathalie Sarraute) et a su toucher le grand public. Lorsque je lis un roman de Auster je le lis (malheureusement j'en conviens) toujours un peu avec la même grille au coin de la tête, celle de l'existentialisme. L'être n'a plus de consistance en soi, son existence le constitue : ses actes, ses rencontres... Et chez Auster le personnage jeune adulte en quête de reconnaissance est souvent amené à rencontrer un personnage masculin âgé qui l'impressionne au point de le vider, jusqu'à provoquer une bascule vers des sentiments de haine terrible envers lui. C'est ce que l'on retrouve encore ici. « L'enfer c'est les autres » la formule est d'un des pères de l'existentialisme Sartre dont certains écrits font froid dans le dos concernant les relations humaines (au point qu'il se soit senti obligé d'écrire un ouvrage « L'existentialisme est un humanisme »)...

Ici le personnage est brillant (physique d'Appolon et fort potentiel intellectuel reconnu) ce qui renforce le caractère problématique de la quête de reconnaissance de ce jeune homme (car son essence, ses qualités ne sont pas ici en jeu). Question de la reconnaissance. Celle que lui accorde son mécène est très inquiétante et se révèle être un véritable piège où la perte de soi est entamée. Celle qu'il trouve dans la satisfaction sexuelle avec les femmes si elle offre jouissance n'est pas ici si propre à aider à se construire auprès de l'autre. La relation avec sa sœur est-elle fantasmée ou réelle ? Peu importe à mon sens, je crois finalement, que ce qui est en jeu c'est cet enfermement dans la bulle identitaire que lui offre sa sœur, comme une sorte de soi par procuration, comme peut-être les jumeaux peuvent le ressentir.

Le choix de la forme du récit rejoint à mon avis cette dilution du personnage. D'un récit à la 1ère personne du héros, immédiatement mis sous la dépendance de l'expertise d'une tierce personne (à qui il demande de juger son écrit !), on glisse vers un réécriture de notes diluées du héros, alternant avec récit repris en charge par ce tierce « auteur » (lui !), pour finir par des notes d'un autre tierce personne d'une époque lointaine...

Le narrateur /héros s'est totalement dilué dans la forme de l'écrit. Il s'est aussi totalement dilué dans l'histoire au point que ce qui reste de lui ne serait que doutes, doutes et encore doutes ? Ses écrits prometteurs n'ont aboutis à quasi rien. Certes il a eu une vie tranquille et « normale », s'est marié, élevant l'enfant de cette femme (pas le sien). Mais on ne sait rien avec certitude me semble-t-il des traumatismes (fantasmés ou réels) qui auront pu ruiner en lui la consistance de l'auteur qu'il rêvait d'être. Un point qui m'intrigue est comment un homme qui a pu vivre une vie ensuite si « classique » pourrait encore nourrir de tels fantasmes ? N'est-il pas finalement devenu écrivain en créant ces fantasmes, véritables fictions ? On pourrait voir alors d'abord un auteur qui s'est perdu, puis qui finalement a tenté de se retrouver comme auteur, dans une marge ? Ou au choix un homme qui au delà de son existence retrouve de la consistance, son essence... Fiction ou réparation, qu'a-t-il enfin retrouvé ?
Voilà ma lecture de ce roman. J'aime bien interpréter chez Auster ce doute, sans coupable sûr. Mais vous avez probablement d'autres lectures... Suspect Wink

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Re: Les lectures du moment

Message  Grinderman le Lun 23 Aoû - 18:43

Azbinebrozer a écrit:Voilà j'ai lu aussi le « Invisible » de Auster que j'ai bien aimé. Enfin vraiment à partir des 2/3 où le doute s'installe bien... Je suis d'ailleurs particulièrement intéressé par vos avis sur l'interprétation finale du livre. Il me semble que le livre s'achève sur un doute intégral ou au moins partiel (doute sur l'authenticité de la fin de la partie 1 ou sur l'étonnante partie 2 ou sur les 2. Et vous comment avez-vous vu ça ?

Petite digression Austerienne plutôt pour des courageux Wink et qui ont fini le livre ? Qui l'a lu Em' ? Et puis ?
J'ai toujours eu de l'affection pour Auster, et j'en profite puisqu'on en parle, aussi je dois dire pour Modiano que j'associe dans mon petit théâtre intérieur... Ces 2 auteurs de la même génération, juste au sortir de la guerre, incarne pour moi une certaine fragilité qui les rend attendrissant. Le point commun ? La quête de l'identité. Chez Auster je lis l'identité comme sujette à dépossession de soi, à dilution, chez Modiano l'identité est incapable de retrouver unité, elle s'évanouit comme dans un puzzle de la mémoire. Les protagonistes de ces 2 auteurs, inconsistants devront alors affronter des dangers. Alors pour moi ces 2 auteurs sont comme des enfants à la recherche d'un père qui n'est plus là et qui les place à merci de forces inquiétantes. Ce père disparu pour être explicite ce serait l'humanisme classique, cet appui moral (qu'il est souvent bon de bousculer jeune avant de l'épouser petit à petit) qui au sortir de la guerre est totalement décrédibilisé. Auster est classé « auteur post-moderne » mais est resté assez vivant pour ne pas avoir sombré dans la suspicion généralisée du nouveau roman (auteurs, personnages et lecteurs, tous suspects de ne pas se reconnaître... voir Nathalie Sarraute) et a su toucher le grand public. Lorsque je lis un roman de Auster je le lis (malheureusement j'en conviens) toujours un peu avec la même grille au coin de la tête, celle de l'existentialisme. L'être n'a plus de consistance en soi, son existence le constitue : ses actes, ses rencontres... Et chez Auster le personnage jeune adulte en quête de reconnaissance est souvent amené à rencontrer un personnage masculin âgé qui l'impressionne au point de le vider, jusqu'à provoquer une bascule vers des sentiments de haine terrible envers lui. C'est ce que l'on retrouve encore ici. « L'enfer c'est les autres » la formule est d'un des pères de l'existentialisme Sartre dont certains écrits font froid dans le dos concernant les relations humaines (au point qu'il se soit senti obligé d'écrire un ouvrage « L'existentialisme est un humanisme »)...

Ici le personnage est brillant (physique d'Appolon et fort potentiel intellectuel reconnu) ce qui renforce le caractère problématique de la quête de reconnaissance de ce jeune homme (car son essence, ses qualités ne sont pas ici en jeu). Question de la reconnaissance. Celle que lui accorde son mécène est très inquiétante et se révèle être un véritable piège où la perte de soi est entamée. Celle qu'il trouve dans la satisfaction sexuelle avec les femmes si elle offre jouissance n'est pas ici si propre à aider à se construire auprès de l'autre. La relation avec sa sœur est-elle fantasmée ou réelle ? Peu importe à mon sens, je crois finalement, que ce qui est en jeu c'est cet enfermement dans la bulle identitaire que lui offre sa sœur, comme une sorte de soi par procuration, comme peut-être les jumeaux peuvent le ressentir.

Le choix de la forme du récit rejoint à mon avis cette dilution du personnage. D'un récit à la 1ère personne du héros, immédiatement mis sous la dépendance de l'expertise d'une tierce personne (à qui il demande de juger son écrit !), on glisse vers un réécriture de notes diluées du héros, alternant avec récit repris en charge par ce tierce « auteur » (lui !), pour finir par des notes d'un autre tierce personne d'une époque lointaine...

Le narrateur /héros s'est totalement dilué dans la forme de l'écrit. Il s'est aussi totalement dilué dans l'histoire au point que ce qui reste de lui ne serait que doutes, doutes et encore doutes ? Ses écrits prometteurs n'ont aboutis à quasi rien. Certes il a eu une vie tranquille et « normale », s'est marié, élevant l'enfant de cette femme (pas le sien). Mais on ne sait rien avec certitude me semble-t-il des traumatismes (fantasmés ou réels) qui auront pu ruiner en lui la consistance de l'auteur qu'il rêvait d'être. Un point qui m'intrigue est comment un homme qui a pu vivre une vie ensuite si « classique » pourrait encore nourrir de tels fantasmes ? N'est-il pas finalement devenu écrivain en créant ces fantasmes, véritables fictions ? On pourrait voir alors d'abord un auteur qui s'est perdu, puis qui finalement a tenté de se retrouver comme auteur, dans une marge ? Ou au choix un homme qui au delà de son existence retrouve de la consistance, son essence... Fiction ou réparation, qu'a-t-il enfin retrouvé ?
Voilà ma lecture de ce roman. J'aime bien interpréter chez Auster ce doute, sans coupable sûr. Mais vous avez probablement d'autres lectures... Suspect Wink

J'l'ai lu y'a déjà quelques mois, j'ai bien aimé aussi alors que j'avais décroché depuis un moment avec Auster. Moi aussi j'ai mis un peu de temps à entrer dedans, j'ai craint au départ qu'on parte dans une histoire énigmatique où on saurait jamais qui est ce mystérieux personnage que rencontre le narrateur. Le changement de type de récit dans la deuxième partie est également très réussi et fait prendre une tournure inattendue au roman avec les révélations du héros et ses rapports avec sa soeur. Pas évident de dire de quoi traite précisément le livre, qui plus est très glissant puisqu'on ne sait jamais formellement ce qui est censé relever du fantasme ou de l'affabulation et de la vérité. On pourrait voir ça comme une sorte d'essai sur la transgression, la morale, le destin et la conscience ?

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